En marge, avec Simon Diotte

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Photographie de Simon Diotte : L’actualité 

Simon Diotte a accepté de répondre à nos questions dans le cadre de la série « En marge », qui met à l’avant-scène des artistes et auteurs primés aux Prix du magazine canadien. Rédacteur en chef du jeune magazine Oxygène, il signe aussi des reportages de tous genres en tant que journaliste pigiste. Lauréat de la médaille d’argent dans la catégorie Voyages l’an dernier, il compte également à son actif deux mentions d’honneur.

Fondation des Prix du magazine canadien : Pour les non-initiés, présentez-nous le magazine Oxygène, et parlez-nous de vos lecteurs.

Simon Diotte : Nouveau venu dans le monde du plein air, le magazine Oxygène existe depuis 2013 et paraît deux fois par année. Il est distribué gratuitement à 25 000 exemplaires, à travers le Québec, principalement dans les boutiques de plein air. À la différence des autres publications du genre, qui traitent de tous les sports que l’on pratique en plein air (rando, escalade, ski alpin, surf, etc.), Oxygène se concentre surtout sur les classiques du plein air, soit la randonnée pédestre, le camping, le ski de fond et la raquette, activités que pratiquent nos lecteurs.

FPMC : Que vous est-il venu en premier : le goût de l’aventure ou de l’écriture?

SD : L’écriture. J’ai grandi en lisant le magazine L’actualité. J’adorais les reportages « territoire », comme on les appelle dans le jargon du milieu, qui explorent une région sous une thématique particulière. J’adorais notamment le journaliste Luc Chartrand, récompensé à maintes reprises aux Prix du magazine canadien. Je me souviens d’un reportage qui explorait les contrées sauvages de la Haute-Mauricie. En le lisant, je rêvais de me promener partout en régions éloignées, calepin en main. C’est pour cette raison que j’ai choisi le journalisme à la pige et que j’ai commencé à écrire des articles de plein air, ce qui m’a donné l’opportunité de partir à l’aventure. Paradoxalement, dans la vraie vie, je ne suis pas nécessairement un grand aventurier. J’aime davantage voyager dans un contexte professionnel, où je peux avoir accès, grâce à mon statut de journaliste, à des lieux et des personnes (comme les dirigeants d’entreprises, des politiciens, etc.) qui ne sont pas accessibles facilement aux communs des mortels. 

FPMC : En plus d’assumer le rôle de rédacteur en chef d’Oxygène, vous êtes aussi journaliste pigiste, et ce depuis une quinzaine d’années. Au fil des ans, vous avez signé des articles pour des publications aussi variées que L’actualité, Les affaires, Coup de pouce, Châtelaine ou Nature sauvage. Vous avez couvert une vaste gamme de sujets : finances personnelles, environnement et tourisme, pour n’en nommer que quelques-uns. Parlez-nous du processus de sélection des reportages que vous réalisez, et d’un sujet suscitant votre curiosité en ce moment qui fera prochainement l’objet d’un article.

SD : Même si j’adore faire des reportages axés sur l’aventure, je me considère comme un journaliste touche-à-tout, ce qui correspond bien à ma personnalité. J’aime autant parler du rendement des marchés boursiers que du dernier film d’un cinéaste réputé. Donc, mes goûts diversifiés se transposent dans mon travail.

Pour bien réussir sa vie comme pigiste, il faut être une machine à idées de reportage. Dès qu’il me vient en tête une idée, je la note immédiatement. J’essaie de la fouiller rapidement, histoire de voir si le sujet n’a pas déjà été couvert. Des fois, ça peut prendre des années avant que l’idée se métamorphose en reportage, faute de temps ou d’occasion. J’ai des tonnes d’idées en banque, mais il me manque du temps et du budget pour les faire ! Actuellement, je développe des projets de reportage sur la chasse. À suivre.

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FPMC : Votre reportage Sur les traces d’un écrivain voyageur vous a valu la médaille d’argent aux derniers Prix du magazine canadien. Vous n’étiez pas présent au gala remise de prix, mais vous avez rapidement réagi sur Twitter au moment de l’annonce. Quelle est la première chose qui vous est venue à l’esprit en apprenant la nouvelle?

SD : J’étais fier qu’un reportage, réalisé à titre de pigiste pour une petite publication québécoise, ait réussi à se démarquer à l’échelle canadienne, où il existe une panoplie de magazines de très grande qualité. J’ai souvent l’impression, en tant que pigiste, d’être David contre Goliath dans les différents concours journalistiques. C’est la preuve qu’avec audace et détermination, on peut quand même réaliser de bons reportages.  

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FPMC : Vous avez aussi obtenu une mention honorable pour votre texte Le ski change d’air, paru dans L’actualité. En 2014, vous aviez également remporté une mention honorable pour votre texte Rares et précieux champignons, publié dans la revue Nature sauvage. Quel impact ont ces distinctions à ce stade-ci de votre carrière?

SD: Après des années à la pige, j’ai connu quelques périodes de remises en question. Devrais-je arrêter ou continuer ? Les prix me confortent dans la décision de continuer de vivre de ma plume à la pige. Le travail indépendant me donne la liberté de réaliser les reportages que je veux. Les prix me donnent aussi confiance. Ils changent aussi notre statut auprès de nos clients. On prend du galon. 

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FPMC : L’industrie des magazines au Canada connaît de profondes transformations depuis quelques années. On a qu’à penser aux publications imprimées qui ont migré vers les plateformes numériques ou à l’annonce récente de la mise en vente des magazines francophones détenus par Rogers, notamment le magazine L’actualité, qui est la publication francophone la plus décorée aux Prix du magazine canadien. Dans un tel contexte, quelle est la clé du succès selon vous pour un journaliste pigiste?   

SD : Comme journaliste pigiste, la diversification est un atout majeur. Les publications me font confiance pour une diversité de sujets, car je crois que je suis assez polyvalent. Il faut aussi être créatif et proposer des idées de reportage qui sortent des sentiers battus. Mes reportages sont issus à 50 % de mes propres idées, et 50 % de commandes.

Cela dit, l’avenir ne s’annonce pas radieux dans le milieu journalistique, même pour les meilleurs pigistes. En raison de la baisse de leurs revenus, les magazines ont de moins en moins d’argent, ce qui a évidemment un impact sur le contenu. Comme la plupart des pigistes, je me demande si je vais pouvoir encore exercer ce travail passionnant d’ici quelques années.

Suivez le journaliste primé Simon Diotte sur Twitter à @sdiotte

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« En marge » est une série d’entretiens avec des auteurs et artistes primés aux Prix du magazine canadien. Lisez nos entrevues avec Dominique Forget, Nicolas Langelier et Jean-François Proulx

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